Le Digital Markets Act interdit à Google de favoriser ses propres services, et sa mise en conformité déployée en Europe le 8 septembre 2026 place des comparateurs comme Booking ou Expedia en tête des recherches d’hôtels et de vols. Pour les commerces locaux, l’effet est d’abord visible dans l’hôtellerie, où le module hôtelier de Google laisse place à un bloc multi-plateformes.
Ce changement fait suite à une amende de 460 millions d’euros infligée par la Commission européenne en juillet. Google y voit la plus forte baisse de qualité de son moteur en 29 ans, un jugement invérifiable de l’extérieur. En tant qu’agence seo à Nîmes, nous allons essayer de suivre ça de prêt avec nos clients locaux.
Le Digital Markets Act (DMA), ou règlement sur les marchés numériques, est un règlement européen adopté le 14 septembre 2022 qui impose des obligations aux très grandes plateformes, appelées contrôleurs d’accès, pour les empêcher de désavantager les entreprises et les consommateurs qui dépendent d’elles. Il fixe à l’avance une liste de pratiques interdites, sans attendre qu’un abus de position dominante soit démontré au terme de plusieurs années d’enquête.
Le DMA ne s’applique qu’aux entreprises que la Commission européenne désigne comme contrôleurs d’accès, selon des seuils fixés par le règlement. Il faut 7,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel dans l’Union ou 75 milliards de valorisation, 45 millions d’utilisateurs finaux par mois et 10 000 entreprises utilisatrices. Alphabet figure parmi les six groupes désignés le 6 septembre 2023, rejoints par Booking en mai 2024.
L’interdiction d’auto-préférence, prévue à l’article 6, paragraphe 5 du DMA, interdit à Google de classer ses propres services plus favorablement que les services similaires de tiers, sous peine d’amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial. Dès mars 2024, la carte affichée dans les résultats a cessé de renvoyer vers Google Maps, un changement que toute stratégie de référencement local intègre déjà.
Pour l’hôtellerie, des premières observations publiées en juillet 2026 par le spécialiste SEO Lluc B. Penycate, sur une recherche d’hôtels en Espagne, montraient le module hôtelier local remplacé par un bloc multi-plateformes, avec un module distinct pour les sites officiels des hôtels. Google a également retiré de ses résultats le bloc consacré aux locations de vacances.
L’impact du DMA sur les commerces locaux dépend du secteur : l’hôtellerie et les locations de vacances sont directement concernées, la restauration reste incertaine, et les artisans comme les professions libérales ne voient aucun changement documenté dans les résultats de Google à ce jour. Nîmes, qui a enregistré 1 823 801 nuitées sur la saison 2025 selon la Ville, permet d’illustrer chacun de ces cas.
Un hôtel indépendant près des Arènes de Nîmes est le profil le plus exposé au DMA, et la Feria des Vendanges en offre le premier test du 17 au 20 septembre 2026. Le visiteur voit d’abord un comparateur, puis un bloc de fournisseurs directs sans prix en direct ni filtre par dates.
Google avance que ses tests de 2024 avaient fait perdre plus de 10 % de trafic aux hôtels, contre un trafic stable pour les intermédiaires. Ce chiffre vient uniquement de Google et reste invérifiable, mais il indique la direction attendue par le moteur : davantage de réservations transitant par des plateformes qui prélèvent une commission.
Nous avons testé, et en fonction des profils et des navigateurs utilisés les résultats sont variables, certains ont encore des résultats avec un pack local (fiches Google) mais le plus souvent une requête “hôtel à Nîmes” n’affiche plus de pack local et la SERP est occupée par les comparateurs ou les plus gros acteurs nationaux.
Un meublé de tourisme nîmois perd l’emplacement que lui offrait le bloc Google des locations de vacances, retiré des résultats européens. Selon Google, les flux de données des locations alimentent toujours Google Maps et google.com/hotels, mais la page de résultats classique ne propose plus de vitrine comparable pour ces annonces.
Un restaurant de l’Écusson se trouve dans la situation la plus floue, cité par Google dans ses déclarations mais absent de sa documentation technique. Aucune source consultée ne décrit le remplacement du pack local sur ces requêtes. En 2024 déjà, Mike Blumenthal (Near Media) observait que le module de sites tiers ajouté pour le DMA ne recevait quasiment aucune interaction.
Les sites qui présentent plusieurs établissements, comme un office de tourisme ou un média local, peuvent devenir éligibles aux carrousels de données structurées grâce à une page récapitulative balisée en ItemList. Pour un établissement nîmois, l’enjeu est de figurer dans ces sélections, qui alimentent déjà les recommandations locales des assistants IA.
Un artisan, un avocat ou un cabinet médical nîmois ne voit aucun changement documenté en septembre 2026, ses requêtes ne relevant d’aucune catégorie visée par les nouveaux blocs. La carte non cliquable vers Google Maps depuis 2024 reste la principale conséquence du DMA pour ces métiers.
Pour les établissements concernés, quelques vérifications simples permettent de mesurer l’impact réel sans attendre les bilans de fin de saison :
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La mise en avant des comparateurs imposée par le DMA à Google rappelle l’époque où l’algorithme Panda, déployé en France le 12 août 2011, avait fait chuter la visibilité de nombreux comparateurs de prix et sites d’avis dans les résultats français. Cet épisode a ouvert quinze ans de conflit entre ces sites et Google, jusqu’aux décisions européennes qui encadrent aujourd’hui la page de résultats.
Google Panda, filtre conçu pour déclasser les sites à faible valeur ajoutée, a fortement touché les comparateurs de prix français en août 2011. Selon Ranking Metrics et Searchmetrics, Ciao.fr perdait entre 51 % et 57 % de visibilité et Twenga.fr entre 43 % et 47 %. L’effet n’était pas uniforme, Kelkoo gagnant 50 % de visibilité sur la même période.
La décision Google Shopping du 27 juin 2017 a établi que Google favorisait son propre comparateur, tandis que les concurrents affichés en liens bleus pouvaient être rétrogradés par des algorithmes d’ajustement, que des juristes spécialisés relient à Panda. L’amende de 2,42 milliards d’euros a été confirmée en 2021 puis en 2024. Le DMA transforme ce contentieux jugé au cas par cas en règle générale.
| Critère | 2011, Panda | 2026, DMA |
|---|---|---|
| Qui fixe les règles du classement | Google, au nom de la qualité | La Commission européenne, au nom de la concurrence |
| Place des comparateurs | Liens bleus, gagnés ou perdus selon l’algorithme | Blocs dédiés, ordre toujours décidé par Google |
| Profil des comparateurs | Spécialistes de la comparaison de prix (Ciao, Twenga, LeGuide) | Grandes plateformes, dont Booking, contrôleur d’accès depuis 2024 |
| Perdant désigné | Les comparateurs, face au comparateur de Google | Les établissements en direct, selon Google |
| Requêtes documentées | Surtout les recherches de produits | Hôtels, vols, transports, produits |
Le parallèle vaut pour la logique, avec une réserve : l’impact documenté en 2011 concerne les recherches de produits, et aucune source consultée ne décrit le même schéma pour l’hôtellerie. La page de résultats de 2026 intègre aussi les AI Overviews, concernés par les ajustements et déployés en France depuis juillet, comme le détaille notre analyse des aperçus IA de Google en France.
Le DMA pose aux Européens un dilemme qu’aucune partie ne tranche seule : limiter le pouvoir d’un moteur de recherche qui met en avant ses propres services, ou préserver des résultats que les utilisateurs jugent pratiques, même lorsqu’ils favorisent ce moteur. Chaque camp avance des arguments qui méritent d’être posés côte à côte.
La Commission européenne défend un classement équitable, et les agrégateurs comme les organisations hôtelières saluent un pas vers davantage de concurrence, selon Skift. Google invoque des utilisateurs qui reformulent et abandonnent plus souvent leurs recherches, mais The Next Web rappelle que tous les chiffres avancés par Google restent invérifiables.
Le paradoxe tient aux bénéficiaires : un remède conçu contre la domination d’un géant du numérique profite d’abord à d’autres grandes plateformes, dont Booking, lui-même désigné contrôleur d’accès. En 2011, Google décidait seul de ce qu’est un bon résultat. En 2026, la Commission européenne fixe ce qu’est un résultat équitable.
Faut-il accepter un moteur moins pratique pour qu’il cesse d’être juge et partie ? Un hôtel indépendant gagne-t-il à voir Google contraint, si la place libérée revient à d’autres intermédiaires dominants ? Et qui doit définir un bon résultat de recherche : le moteur, le régulateur ou l’utilisateur lui-même ?
La dépendance d’un commerce local à un seul intermédiaire, qu’il s’agisse de Google ou d’une plateforme de réservation, est la question pratique que pose le DMA : chaque changement d’affichage décidé à Bruxelles ou à Mountain View déplace des clients. Si le bloc qui vous amène vos clients disparaissait demain, quelle part de vos réservations arriverait encore directement jusqu’à vous ?
Le DMA, ou règlement sur les marchés numériques, est un règlement européen adopté le 14 septembre 2022 pour encadrer les très grandes plateformes numériques. Il impose des obligations aux contrôleurs d'accès désignés, dont Alphabet, Apple, Amazon, Meta, Microsoft, ByteDance et Booking, pour protéger la concurrence.
Les changements de septembre 2026 concernent surtout les requêtes d'hôtels, de vols, de transports longue distance et de produits, selon la documentation de Google. Pour les artisans, les commerces de proximité et les professions libérales, aucune modification du pack local n'est documentée. Le cas des restaurants reste à confirmer.
Non, les changements décrits portant sur l'affichage des résultats. C'est la présentation autour des établissements qui change, avec un module hôtelier remplacé par un bloc multi-plateformes et des prix en direct retirés du bloc des fournisseurs directs.
L'affichage de Google peut encore évoluer, car la Commission européenne doit vérifier que la nouvelle présentation respecte bien les obligations du DMA sur l'auto-préférence. Le délai de mise en conformité expire vers le 21 septembre 2026, et une présentation jugée insuffisante exposerait Google à des astreintes.
Un site devient éligible aux carrousels de données structurées en publiant une page qui liste au moins trois établissements, chacun relié à sa propre page détaillée, avec un balisage ItemList. Google propose un formulaire d'intérêt dédié aux acteurs qui servent des utilisateurs européens.
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