Google a confirmé le 26 août 2026 le déploiement généralisé d’une URL de redirection, google.com/goto, à la place des liens directs affichés dans ses résultats de recherche. Votre site n’est pas concerné et vos positions réelles non plus, mais les outils qui relèvent ces positions perdent l’accès à l’information dont ils vivent. Pour une PME qui suit son référencement avec une extension de navigateur ou un tableur, la panne peut arriver sans préavis.
Google remplace l’adresse de destination affichée dans ses résultats par une URL intermédiaire de la forme google.com/goto, suivie d’un identifiant encodé. Le clic déclenche une redirection depuis les serveurs de Google, qui envoie ensuite l’internaute vers la page réelle, sans aucune différence visible pour lui.
Interrogé par Search Engine Roundtable puis par Search Engine Land, un porte-parole de Google a confirmé le déploiement le 26 août 2026 en évoquant une longue pratique de mesures techniques contre des formes d’abus en constante évolution. L’entreprise n’a donné aucun détail technique sur le fonctionnement du dispositif, ni sur les zones géographiques concernées. Le média français Leptidigital rapporte un encodage de type base64 et une redirection en 302, information qui reste à ce jour non confirmée par Google.
Le déploiement se vérifie depuis la France. Nous avons testé le dispositif le 31 août 2026 : la redirection est bien présente en navigation privée, contrairement à ce qu’indiquait Blog du Modérateur quelques jours plus tôt. Le comportement peut encore varier selon le navigateur et selon que l’internaute est connecté à un compte Google.
Un outil de suivi de positions lisait jusqu’ici l’adresse de destination directement dans le code de la page de résultats, sans jamais contacter les sites concernés. L’encodage des liens goto supprime cette possibilité et oblige désormais chaque outil à suivre les redirections une par une pour savoir quel site occupe quelle position.
Derek Perkins, dirigeant de Nozzle, décrit une page de résultats qui contient plusieurs centaines de liens à résoudre. Selon lui, 500 à 1 000 requêtes sont nécessaires pour reconstituer un suivi de positions sur cinq pages de résultats, là où une seule lecture suffisait auparavant. La méthode fonctionne sur de petits volumes de test, elle devient nettement plus lourde à l’échelle d’un parc de clients.
Le relevé de positions reste un indicateur parmi d’autres. Un diagnostic sérieux repose davantage sur l’exploration du site et sur les données remontées par Google, deux sources que ce changement laisse intactes. C’est le principe même d’un audit SEO, qui part de votre site avant de regarder la page de résultats.
Tous les outils ne sont pas exposés de la même façon. La ligne de partage passe entre ceux qui se contentent de lire l’URL affichée dans la page de résultats et ceux qui disposent d’une infrastructure capable d’absorber le coût supplémentaire de résolution des redirections. Les plus légers sont les plus fragiles.
Les éditeurs réagissent vite. Monitorank a annoncé sur X avoir mis en production le 29 août 2026 au matin le suivi de chaque URL goto pour retrouver l’adresse de destination, sur tous les types de résultats. L’éditeur français indiquait le lendemain que la collecte de la nuit s’était déroulée sans ralentissement pour l’ensemble des comptes. Trois jours ont donc séparé la confirmation de Google du rétablissement des relevés.
Cette communication apporte une précision que Google n’a pas donnée. La redirection ne se limite pas aux résultats classiques : selon Monitorank, elle s’applique aussi aux liens cités dans les aperçus IA. L’éditeur indique avoir retrouvé après adaptation les URL détectées dans les aperçus IA pour les sites suivis et pour leurs concurrents.
Le classement de vos pages dans Google, le trafic qu’elles génèrent et le parcours de vos visiteurs restent identiques. La redirection s’insère entre la page de résultats et votre site, elle ne modifie ni votre positionnement ni vos URL. Aucune action technique n’est à mener sur votre serveur ou sur votre CMS.
La nuance à garder en tête concerne la lecture des rapports. Un outil qui remonte des positions incohérentes en septembre décrit un problème de collecte, pas une chute de référencement. La distinction vaut aussi dans l’autre sens : une bonne position ne garantit pas le clic, comme nous l’avons détaillé à propos des pages bien positionnées qui ne génèrent aucun clic.
La désactivation du paramètre num=100 a produit le même scénario un an plus tôt. Entre le 12 et le 14 septembre 2025, Google a retiré cette option qui permettait d’afficher cent résultats sur une seule page. Aucune annonce officielle n’a accompagné ce retrait, découvert par les professionnels au fil de leurs relevés.
| Date | Événement | Effet observé |
|---|---|---|
| 12 au 14 septembre 2025 | Désactivation du paramètre num=100 | Chute des impressions dans Search Console, hausse artificielle de la position moyenne |
| Juillet 2026 | Premiers tests des liens goto | Redirection visible sur une partie des résultats |
| 18 au 21 août 2026 | Spam update d’août 2026 | 16,71 % des URL du top 10 sorties du top 100 selon SE Ranking |
| 26 août 2026 | Confirmation du déploiement des liens goto | Déploiement proche de 100 % relevé par Nozzle |
| 29 au 30 août 2026 | Monitorank déploie le suivi des redirections goto | Relevés rétablis en 3 jours, aperçus IA compris, selon l’éditeur |
Les conséquences ont été immédiates et mal interprétées. Les impressions ont chuté dans Search Console, la position moyenne a semblé progresser, et de nombreux propriétaires de sites ont cru à une variation de performance là où seule la méthode de collecte avait changé. Une étude de LOCOMOTIVE Agency relayée à l’époque chiffrait à 87,7 % la part des sites ayant perdu des impressions.
La coïncidence de calendrier mérite d’être notée cette année aussi. La spam update d’août 2026 a été déployée du 18 au 21 août, quelques jours avant la confirmation des liens goto. Les positions ont réellement bougé sur cette période, selon les données SE Ranking relayées par Search Engine Land, avant que les outils qui les mesurent ne commencent à trébucher.
Le retrait de num=100 et le déploiement des liens goto dessinent la même trajectoire. Google réduit méthodiquement la possibilité d’extraire automatiquement le contenu de ses pages de résultats, sans jamais nommer les acteurs visés. Les outils SEO et les moteurs d’intelligence artificielle se retrouvent contraints de multiplier les requêtes pour obtenir ce qu’une seule lecture donnait auparavant.
Le contexte judiciaire éclaire ce mouvement. Google a attaqué en justice l’éditeur SerpApi pour extraction de ses résultats de recherche, et a perdu sa dernière requête dans ce dossier selon Search Engine Land. La voie technique prend le relais de la voie contentieuse. Le paradoxe ne manque pas de sel : en juin 2026, Google publiait une documentation officielle sur l’usage des outils SEO tiers, avant de compliquer leur collecte deux mois plus tard.
Pour une PME, la lecture pratique tient en une ligne. La donnée la plus fiable sur votre visibilité reste celle que Google vous transmet directement dans la Search Console. Les relevés externes gardent leur utilité pour la veille concurrentielle, ils deviennent simplement plus coûteux à produire et plus fragiles à interpréter.
Ouvrez votre outil de suivi de positions et regardez les relevés depuis le 26 août. Les chiffres sont-ils cohérents avec ce que vous constatez dans Search Console, ou est-ce le moment de changer de source ?
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